Jean Christophe Theisen, peintre et plasticien
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Démarche

J’ai pour projet d’articuler des reliefs et des lumières sur la surface de la toile, de les faire rythmer ensemble, de les dynamiser au moyen de jeux entre les textures, les pleins et les vides de la matière, les couleurs.
M’amuser aussi.

Je construis mes propres châssis, aux dimensions des tasseaux qu’il me reste, jamais plus grands que la diagonale de la porte de la chambre de bonne qui me sert d’atelier. Le travail de la matière commence avec le bois du châssis, la toile de lin, l’âpreté du clou de cuivre qui la tend, puis son enduit ; sa maturation procède avec l’odeur animale de la colle de peau, celle crayeuse du blanc de Meudon, et le séchage fabrique le montage du projet en volume et en tension. Le rapport d’échelle entre les matériaux que j’utilise et la dimension de la toile tourne à l’inflation ; je dois naviguer sur un platelage pour atteindre le haut et le bas devient désespérément terre à terre. Mes acheteurs ont tous des hauteurs sous plafond de l’ordre du demi décamètre...

Je monte les fibres, entremêle les fils, dépose des couches minérales, des couches de pâte de papier, je bouche au plâtre, colle le carton, inclus des objets qui disparaissent dans la masse et aussi dont je perds la mémoire.

Les couches les plus profondes de la matière sont imprégnées de pigments dilués à l’essence alors qu’en surface je dépose la peinture en masse, augmentée d’épaississant, en surcharge sans craindre des temps de séchage exorbitants. Il m’arrive d’enlever par endroit ce qui avait été déposé, mais toujours la trace qui subsiste témoigne de la dynamique que je cherche à vivre.

© Jean Christophe Theisen | Crédits